Ensemble

Un réveil difficile…

J’avais beaucoup de mal à reprendre mon train train quotidien après tous ces événements. J’avais besoin de faire le point dans ma tête et pour ça j’ai écris. Depuis je me sens mieux et j’ai décidé de partager ce texte.

#jesuischarlie

« Je suis Charlie », c’est le symbole que j’ai arboré très vite après l’attentat chez Charlie Hebdo. Avatar Facebook, photo sur Instagram, articles sur mes blogs, badge sur mon manteau et même affiche sur la fenêtre de la maison. Pour moi, le « je suis charlie » regroupe notre réaction à tous les actes incompréhensibles qui se sont déroulés sur ces 3 horribles jours.

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Depuis hier, je ne me sens pas très à l’aise de porter ce symbole. Là où je vis, il y a une grande communauté musulmane et j’en suis venue à me demander s’ils pouvaient penser que je prône les articles de Charlie Hebdo… Chose que je ne peux pas dire, puisque je ne lisais pas ce journal. Pour moi, « je suis Charlie », c’est le symbole de vivre dans un pays libre, sans peur. De pouvoir s’exprimer librement.

Je n’ai eu aucune réflexion, mais après avoir entendu ce matin, une dame (non musulmane) donner sa définition de cette « phrase », je me suis sentie obligée de retirer mon badge et l’affiche sur la fenêtre. C’est déjà ce qui m’inquiétait pour dimanche : le sens de la manifestation. Chacun a vécu ces événements de manières différentes, même si on a tous ressenti l’horreur et la tristesse… Le regard de l’autre me préoccupe énormément.

Grâce à ces jours sombres (eh oui, il m’a malheureusement fallu ça), j’ai pris conscience que la France c’est : les athées, les juifs, les musulmans, les catholiques, etc. J’ai toujours vécu dans ma petite bulle. A mon arrivée à Paris vers l’âge de 20 ans, j’ai été mal à l’aise de me retrouver dans le 11ème avec autant de personnes à la peau noire… Je ne pensais pas de mauvaises choses sur eux, je n’en avais juste pas assez croisé dans ma ville natale…

La peur de l’autre, c’est ce que je veux éviter pour mes enfants. J’espère réussir à les élever dans un sentiment de sécurité mais aussi dans la connaissance de l’autre. J’ai entendu, hier, Yvan Attal parler de sa fille qui est en maternelle aux Etats-Unis. A 3 ans, elle « célèbre » à l’école les différents grands événements religieux : le ramadan, Noël, Yom Kippour.. Ils créent des petits objets ou cadeaux pour ces manifestations. J’ai bien conscience que dans un état laïque il soit difficile de parler de ces choses là à l’école, mais je pourrais peut-être m’y coller. Je n’ai vraiment aucune culture religieuse mais je suis prête à trouver des supports pour partager ça avec mes enfants. La connaissance de l’autre à travers la religion ne va sûrement pas tout arranger, mais je pense que ça pourrait être un premier pas.

Je ne suis pas croyante, mais je me suis toujours dit qu’être croyant pouvait être, dans certains moments, une aide. Ca peut être réconfortant dans les moments durs. Avoir en permanence quelqu’un à qui s’adresser pour exprimer sa peine. Ne pas se sentir seul face à la mort…

Moi, je n’ai pas de Dieu à qui parler, alors j’écris. Ces attentats m’ont tellement bouleversée que j’avais besoin de mettre mes idées au clair. Je ne sais pas si je vais partager ce texte. Je peux seulement dire que ça m’a fait du bien. Tellement de choses ont changé en moi. Je me suis posé des questions, fait des réflexions, sur des choses que je ne soupçonnais pas penser… J’ai l’impression d’avoir fait un bond en avant dans l’envie de vivre ensemble et j’ai extrêmement peur que tout cela s’estompe au fur et à mesure…

Oui, je crois que ma plus grande peur, c’est de perdre ce que je viens de gagner humainement et que je retourne à ma bulle.

#jesuismoncharlie

1 commentaire sur “Un réveil difficile…

  1. Eh oui je commente mes propres articles 🙂 !
    J’ai lu quelques commentaires de mamans sur facebook à propos d’emmener ses enfants au rassemblement du 11 janvier… Je ne savais pas trop où poster « ma réponse » alors j’ai décidé de mettre ici. Ce blog c’est aussi une trace pour moi, un journal intime.

    Bien triste devant certains commentaires… Nous faisons partie de ses parents inconscients qui avons emmené nos 2 filles au rassemblement sur Paris.Et en plus je suis enceinte… A aucun moment je n’ai eu peur pour nous 4. Les gens étaient très courtois et laissaient passer les familles avec des enfants. Il y avait une bonne ambiance et c’était très chaleureux. Nous ne sommes pas restés très longtemps car à Bastille le cortège n’avançait pas, mais nous étions là, tous les 4. Ensemble, si vraiment il devait se passer quelque chose, mais nous n’avions et n’avons pas peur. Je n’ai pas fait ce qu’il fallait, juste ce qui me semblait adéquat. Ma fille de 4 ans et demi à compris qu’il se passait quelque chose d’important pour nous et que nous faisions ça aussi pour son futur. Elle a posait des questions et a eu des réponses. Aucun besoin de lui parler des détails, mais inconcevable de ne rien lui dire.

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